Les activistes des forets rejettent les plans du prince charles de speculer sur les forets tropicales
Date de publication: jeu 2 avr 2009
La Coalition mondiale des forêts, un réseau mondial d’organisations écologistes et d’organisations de peuples autochtones, a publiquement rejeté les plans du Prince de Galles de financer la protection des forêts tropicales par un système de bons à rembourser avec l’argent produit par les marchés du carbone. Le Prince a lancé cette idée au cours d’une réunion des chefs d’État du G20 qui a eu lieu aujourd’hui au palais de Saint James.
« Il paraît que le Prince n’a pas lu les journaux l’année dernière », a répondu le docteur Miguel Lovera, président de la Coalition mondiale des forêts. « En tant que source de financement de la protection environnementale, les marchés du carbone se sont avérés très peu fiables. La dernière chose qu’il faut aux forêts et aux peuples des forêts est une forme de spéculation financière supplémentaire. »
Les membres de la Coalition mondiale des forêts s’inquiètent beaucoup des effets négatifs que l’inclusion des forêts dans les marchés du carbone aura sur les peuples autochtones et sur d’autres peuples tributaires des forêts.
Déjà, le récent mécanisme de base commerciale proposé par l’ONU pour utiliser les forêts comme moyen de compenser les émissions de carbone (Réduction des émissions dues au déboisement et à la dégradation des forêts, REDD) a soulevé des controverses en raison de l’impact qu’il risque d’avoir sur les forêts et sur les droits des peuples autochtones [1].
« Les peuples autochtones ont montré qu’ils étaient capables de conserver et de restaurer leurs forêts ; or, du moment qu’ils ne détruisent pas les forêts, ils ne pourront pas vendre des projets de réduction du déboisement sur le marché du carbone », dit Marcial Arias, conseiller politique de l’Alliance international des peuples indigènes et tribaux des forêts tropicales et représentant des peuples autochtones latino-américains auprès de la Coalition mondiale des forêts, présent aux négociations sur le climat qui ont lieu cette semaine à Bonn, en Allemagne [2]. « En revanche, on constate déjà que les peuples autochtones sont expulsés de leurs terres par les négociants en carbone qui veulent y établir des plantations d’arbres en régime de monoculture. »
M. Arias a ajouté que les peuples autochtones des pays en développement ont été délibérément choisis pour participer au marché du carbone (les pays en développement sont exclus de nombreux projets) parce que, dans ces pays, les régimes juridiques de protection et de réclamation de terres sont moins susceptibles d’interférer avec le développement des mécanismes fondés sur le marché.
La Coalition mondiale des forêts soutient la position des participants au Climate Camp du Royaume-Uni [3], qui sont descendus dans les rues de Londres pour s’opposer aux marchés du carbone. « Les marchés du carbone n’avantagent qu’une poignée de pollueurs. Par rapport à l’atténuation du changement climatique, on a déjà constaté qu’ils représentent une perte de temps et d’argent. La crise climatique s’aggrave à une vitesse telle qu’il faut non seulement l’arrêt immédiat du déboisement mais AUSSI que les pays membres du G20 s’engagent sans détours à réduire d’au moins 80 % leurs émissions de gaz à effet de serre, sans recourir aux compensations de carbone », ajoute Anne Petermann, représentante de la Coalition mondiale des forêts en Amérique du Nord et directrice exécutive du Global Justice Ecology Project.
Pour de plus amples informations veuillez contacter :
Dr Miguel Lovera (à Asunción, Paraguay) : 595-991-216536
Marcial Arias (à Bonn, Allemagne) : 507-67807457
Anne Petermann (au Vermont, USA) : 1-802-482-2689 (bureau), 1-802-578-0477 (mobile)
NOTES :
[1] "Protest Manifests as Indigenous Rights are opposed by U.S., Canada, Australia and New Zealand at UN Climate Conference", http://globaljusticeecology.org/connections.php?ID=229.
[2] Les ‘négociations de Bonn sur le changement climatique’ sont la première des trois sessions prévues avant la 15e Conférence des Parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques qui aura lieu à Copenhague en décembre 2009.